Jeudi 26 mai 2011
GRENOBLE : LE SITE DE SAINT-LAURENT. CHAGALL ET LES AVANT-GARDES RUSSES
Situé sur la rive droite de l'Isère, le site de Saint-Laurent était au IVe siècle une nécropole suburbaine. Un grand mausolée y fut construit vers l'an 400. On lui adjoignit au VIe siècle une église funéraire à plan centré. Au IXe, une vaste église carolingienne vint recouvrir l'ensemble. Les bénédictins de Saint-Chaffre s'y établirent en 1012 et édifièrent au siècle suivant l'actuelle église romane. En 1803, Jacques Champollion, frère aîné de l'égyptologue, révéla l'existence, dans le sous-sol, de la crypte Saint-Oyand, c'est-à-dire de l'église carolingienne du IXe siècle, classée en 1850 par l'inspecteur des Monuments historiques Prosper Mérimée. À partir de 1978, des fouilles ont permis de dégager l'église du VIe siècle et les mausolées paléochrétiens antérieurs. L'étude minutieuse de plus de 1 500 sépultures a montré l'évolution des traditions funéraires au cours des siècles. Fermé pour des raisons de sécurité en 2003, ce site unique en Europe, vient tout juste de rouvrir après avoir fait l'objet d'importants travaux qui l'ont aménagé en musée archéologique, implantant dans le site un circuit de visite résolument didactique, à la fois audacieux et respectueux du monument.
Cette année, l'exposition du musée de Grenoble s'inscrit dans le cadre des projets « hors-les-murs » que réalise le Centre Pompidou dans les grands musées de province. L'angle d'approche est très original, puisque c'est l'œuvre inclassable de Chagall qui permet d'aborder, suivant différents thèmes, les étapes successives des avant-gardes du début du XXe siècle en Russie : du néo-primitivisme au constructivisme, en passant par les collaborations avec les arts du spectacle, sans oublier Kandinsky, figure incontournable de l'art russe de cette période. En tout plus de 150 peintures, sculptures, dessins et photographies rassemblés. De grands chefs-d'œuvre comme des pièces quasiment inconnues, permettent de retracer un des moments les plus féconds de l'histoire de l'art du XXe siècle, avec comme guide et fil conducteur un immense poète de la peinture moderne, le fascinant Marc Chagall.
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Jeudi 7 juillet 2011
LA COLLECTION DES PRINCES DE LIECHTENSTEIN A EVIAN CLAUDE MONET A MARTIGNY
C'est un événement. La fantastique collection d'œuvres d'art des princes de Liechtenstein, la plus importante collection privée au monde, a été révélée au public par une exposition unique au Metropolitan Museum of Arts de New-York. Depuis 2004, elle a quitté le château de Vaduz pour être présentée dans le palais Liechtenstein de Vienne, magnifiquement restauré. Cette année, le prince a consenti à ce qu'une sélection en soit exposée au Palais Lumière à Évian : Splendeur de la collection princière du musée Liechtenstein à Vienne. C'est Charles Ier de Liechtenstein qui, à Prague, à la fin du XVIe siècle, a commencé à collectionner et à commander des œuvres d'art, sous l'influence de l'empereur Rodolphe II. Son fils Charles-Eusèbe poursuivit avec passion, échangeant contre des tableaux les chevaux de grand prix produits par son haras de Eisgrub. Jean-Adam Ier, constructeur du palais de Vienne et de multiples châteaux, fut le principal promoteur de l'art baroque en Europe centrale et collectionna avec prédilection les peintures de Rubens. Au XVIIIe siècle, Jospeh-Wenzel acheta des émaux limousins de la Renaissance, des toiles de Hyacinthe Rigaud, de Chardin et de Bellotto. Le prince Jean Ier, mort en 1836, fit à lui seul l'acquisition de 711 tableaux. Jean II, qui a régné jusqu'en 1920, a réorganisé scientifiquement la collection, faisant publier en 1896 le premier catalogue illustré. Lui même a collectionné la peinture gothique des XIVe et XVe siècles, la peinture vénitienne du XVIIIe et la peinture de son époque. À la suite de la seconde guerre mondiale, la famille princière, ayant perdu d'immenses territoires en Bohême et en Moravie, ne fut plus en capacité de poursuivre cette passion. Mais après avoir réussi une brillante réorganisation économique, le prince Hans-Adam II a pu renouer avec cette tradition à partir des années 1970. De nos jours, le prince Jean-Adam II se place par ses nouvelles acquisitions dans la droite ligne de ses illustres prédécesseurs.
De septembre 2010 à janvier 2011, des centaines de milliers de visiteurs ont vu la grande rétrospective « Monet » aux Galeries nationales du Grand Palais à Paris. À partir de juin 2011, c'est la Fondation Pierre Gianadda de Martigny qui rend hommage à Claude Monet en exposant des toiles provenant du musée Marmottan à Paris et de collections suisses. Chef de file de l'impressionnisme qui lui doit son nom, suite à l'exposition en 1874 d'un paysage du Havre intitulé Impression, soleil levant, Monet maîtrise depuis la fin des années 1860 les bases de sa créativité : une grande audace, un traitement pictural unique et une observation intense de la lumière. La liberté de sa petite touche fragmentée et la rapidité d'exécution lui permettent de saisir l'éphémère. Les couleurs ne sont plus mélangées sur la palette, mais directement sur la toile, en petites touches juxtaposées laissées visibles par l'artiste, au plus grand scandale des tenants de la peinture académique. Observateur de son temps, Monet peint ce qui l'entoure et qui répond rarement au pittoresque défini par les critiques d'art de l'époque, mais qui nous livre ses impressions sur les changements radicaux marquant la fin du XIXe siècle. Repoussant toujours plus loin les limites de l'impressionnisme, il cherche à restituer sur la toile, non pas la nature telle qu'elle existe, mais ce qu'il ressent devant elle, dans une quête toujours plus affinée de l'instantanéité. Quand mourut ce magicien de la couleur, son ami Clémenceau retira le drap mortuaire noir dont on avait recouvert le cercueil, pour le remplacer par un rideau à fleurs décroché d'une fenêtre de Giverny...
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Jeudi 21 juillet 2011
SYAM, VILLA PALLADIENNE DANS LE JURA. NOZEROY ET MIEGES, FIEFS DES CHALON
Non loin des sources de l'Ain, les forges de Syam furent créées au bord de la rivière en 1813. Le maître de forges Emmanuel Jobez, épris de l'architecture italienne, se fit construire en 1825 une villa inspirée des réalisations de Palladio en Vénétie. Le plan carré, souligné aux angles par des pilastres ioniques, la couleur jaune du crépi, la rotonde centrale, la décoration intérieure en style pompéien et le riche ameublement d'époque ne manquent pas de surprendre au milieu des forêts du Jura.
Le vieux bourg de Nozeroy fut le fief de la puissante dynastie des comtes de Chalon. Bâti au XIIIe siècle par Jean l'Antique, le château devint au XVe siècle un véritable palais décoré par les plus grands artistes de la cour de Bourgogne. C'est là que vécut la bienheureuse Louise de Savoie, épouse d'Hugues de Chalon. Malheureusement la Révolution n'a laissé que des ruines de cette résidence princière. En revanche Nozeroy a conservé une partie de ses remparts et deux de ses entrées fortifiées, la porte Nods et la porte de l'Horloge. L'église date pour l'essentiel du XVe siècle et conserve un devant d'autel en broderies de paille tressée, réalisé au XVIIe siècle par les religieuses du couvent des Annonciades dont les importants bâtiments bordent la place principale.
Un prieuré fondé par l'abbaye de Saint-Claude est à l'origine du village de Mièges dont l'église présente un beau portail de la Renaissance et des stalles intéressantes. La chapelle seigneuriale des comtes de Chalon témoigne de leur faste par le raffinement de son style gothique flamboyant : la voûte complexe, ornée de liernes et de tiercerons, présente cinq magnifiques clés pendantes montrant le Christ et les quatre évangélistes.
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Jeudi 28 juillet 2011
LA CHARTREUSE D’AILLON ET NOTRE-DAME DE MYANS
Au cœur du massif des Bauges, à 1 000 m d'altitude, le comte de Savoie Humbert III a fondé en 1178 la chartreuse d'Aillon. Cet important monastère a été ruiné par la Révolution. En arrivant au village d'Aillon-le-Jeune, on découvre la façade de l'église paroissiale où a été inséré le portail de la chartreuse, remarquable par sa très belle maçonnerie à bossages. À l'entrée de la combe de Lourdens, la Correrie était à l'origine la maison basse regroupant les ateliers des frères et l'hôtellerie, barrant à bonne distance l'accès au monastère, afin d'en préserver le silence. Il en subsiste la chapelle Saint-Michel, d'origine romane, mais profondément modifiée au XVIIIe siècle, comme l'attestent le portail à fronton brisé et le clocher à bulbe. Devant elle se dresse une très belle croix de pierre. Lorsque le monastère fut reconstruit au XVIIIe siècle, la Correrie perdit son rôle car l'hôtellerie fut transférée à la chartreuse pour en constituer le bâtiment d'entrée. Si le monastère lui-même a totalement disparu, l'hôtellerie, récemment restaurée, ouvre sur la cour intérieure une galerie à arcades comme aux chartreuses de Pomier ou de Saint-Hugon, tandis que la galerie de l'étage est bordée d'une élégante balustrade de bois tourné. Le Parc naturel régional du Massif des Bauges y a aménagé un musée d'un très grand intérêt. On y voit la maquette de la chartreuse au XVIIIe siècle, et un certain nombre d'œuvres d'art rescapées des destructions révolutionnaires. La vie des chartreux, leurs activités agricoles et métallurgiques y sont présentées, et conduisent à une évocation plus générale de la présence de l'homme dans les Bauges, hier et aujourd'hui.
Le 24 novembre 1248, 500 millions de m3 de rochers dévalèrent du Granier pour ensevelir la petite ville de Saint-André et plusieurs villages. Il en est résulté le paysage chaotique des Abymes de Myans où seule fut épargnée une chapelle dédiée à la Vierge. On y vit un miracle. Ainsi naquit le pèlerinage au sanctuaire de Notre-Dame de Myans. Au XVe siècle, Jacques de Montmayeur y fonda un couvent de franciscains pour lequel il fit édifier l'actuelle église inférieure. Sur celle-ci, le Grand Bâtard de Savoie, René, fils du duc Philippe II, construisit l'église supérieure dont tous les chapiteaux portent ses armoiries. Dans l'église inférieure, la Vierge Noire est toujours là, couronnée et vêtue de drap d'or. Les saints de la Savoie lui font comme une garde d'honneur dans de grandes peintures murales exécutées en 1936. Le mobilier liturgique, datant de 1972, est de grande qualité, et une vitrine expose les plus représentatifs des nombreux ex-voto reçus par le sanctuaire au fil des siècles. En 1855, un clocher néo-gothique a été bâti pour servir de piédestal à une colossale statue de la Vierge en bronze doré.
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Jeudi 1er septembre 2011
LA COLLECTION DES PRINCES DE LIECHTENSTEIN A EVIAN CLAUDE MONET A MARTIGNY
Même programme que pour la sortie du jeudi 7 juillet 2011. (Voir ci-dessus)
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Jeudi 29 septembre 2011
LYON : LE MUSÉE DES TISSUS ET LE MUSÉE DES ARTS DÉCORATIFS
Dans le quartier d'Ainay, l'hôtel de Villeroy, bâti en 1730, abrite le musée des Tissus fondé par la Chambre de Commerce et d'Industrie pour montrer à quel point l'art peut être lié à l'industrie. Les collections retracent 4 000 ans d'histoire des tissus. Elles illustrent les différentes techniques : satin, sergé, taffetas, velours..., et font la part belle aux tissus français, notamment la production lyonnaise dynamisée par les innovations de Philippe de la Salle et de Jean Pillement. On admire la tenture de la chambre de Joséphine à Fontainebleau, de petits portraits en velours et des indiennes, tissus imprimés à grande échelle. La collection d'ornements liturgiques, du XIIe au XVIIIe siècles, est particulièrement riche. Parmi les vêtements, un pourpoint du XIVe siècle est une rareté, à côté de kimonos du Japon, de robes impériales de la Chine, sans oublier les tapis de Perse ou de Turquie.
Voisin du précédent, le musée des Arts décoratifs occupe une demeure datant de 1739 et rend compte principalement de l'art de vivre du XVIIIe siècle. C'est un des plus beaux musées français d'ambiance. Dans des salles revêtues de boiseries provenant d'hôtels particuliers lyonnais, l'atmosphère des riches demeures du siècle des Lumières est restituée par les meubles estampillés Hache, Oeben ou Riesner, par les tapisseries des Gobelins, de Beauvais, d'Aubusson et des Flandres, par les porcelaines de Saint-Cloud, de Sèvres et de Meissen, par les faïences de Lyon, de Moustiers et de Marseille, par des objets d'art comme les pendules rococos ou par de précieux instruments de musique comme ce magnifique clavecin de 1716 sur lequel est peinte une Apothéose de Jean-Philippe Rameau. À cela s'ajoutent une collection de majoliques italiennes des XVe et XVIe siècles et une section consacrée à l'orfèvrerie contemporaine.
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Jeudi 20 octobre 2011
PROMENADE EN BEAUJOLAIS : SALLES, CORCELLES ET AVENAS
Le prieuré clunisien de Salles-en-Beaujolais, fondé au Xe siècle, devint par la suite un monastère de moniales bénédictines, et fut finalement sécularisé au XVIIIe siècle en un chapitre de chanoinesses portant le titre de comtesses. L'une d'entre elles était une tante de Lamartine. L'accès au prieuré se fait par une majestueuse entrée du XVIIIe siècle encadrée de deux pavillons. La place du Chapitre est bordée par les maisons des chanoinesses à qui l'on doit aussi l'autel et les stalles de l'église. Mais celle-ci remonte à l'époque des bénédictins de Cluny, avec son chœur du XIe siècle et son portail roman, tout comme le cloître dont ne subsiste qu'une galerie. La salle capitulaire a des voûtes du XVe siècle dont les clés portent les symboles des quatre évangélistes.
Édifié au XVe siècle pour défendre la frontière entre la Bourgogne et le Beaujolais, le château de Corcelles a été aménagé en résidence au XVIe siècle tout en gardant à l'extérieur un aspect défensif souligné par ses tours rondes et le puissant donjon quadrangulaire qui protège l'entrée. Alors que la chapelle conserve des boiseries gothiques remarquables, la cour intérieure, dont le puits est orné de ferronneries du XVe siècle, a été agrémentée de galeries par la Renaissance. Le grand cuvier du XVIIe siècle, garni de vingt-trois foudres de chêne, compte parmi les plus beaux de la région, car Corcelles est toujours l'un des plus célèbres domaines vinicoles du Beaujolais.
L'église romane d'Avenas, qui fut offerte par le roi Louis VII au chapitre de Saint-Vincent de Mâcon, a le privilège de détenir un rare autel roman de la seconde moitié du XIIe siècle magnifiquement sculpté. Un Christ en majesté, dont la mandorle est environnée du Tétramorphe, est accompagné des douze apôtres. Au col du Fût d'Avenas, à l'altitude de 762 m, la vue porte sur la vallée de la Saône, sur la Bresse, sur le Jura et par temps clair jusqu'aux Alpes avec le mont Blanc, la Vanoise et le Pelvoux.
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