Journées





Jeudi 25 mars 2010
L'HERMITAGE À LAUSANNE ET LE CHÂTEAU DE PRANGINS

La Fondation de l'Hermitage présente cette année une sélection exceptionnelle de chefs-d'œuvre provenant du Städel Museum de Francfort. C'est à partir de l'importante collection du marchand et banquier Friedrich Städel (1728-1816) que fut fondé en 1830 l'un des plus anciens musées d'art en Allemagne. Depuis, il n'a cessé d'enrichir ses collections qui comptent actuellement 2 700 peintures. Une centaine d'entre elles, œuvres phares proposant un parcours à travers les principaux courants artistiques, sont exposées à Lausanne, avec des artistes tels que Johann Wolfgang von Gœthe, Odilon Redon, Gustave Moreau, Claude Monet, Edgar Degas, Édouard Manet, Auguste Renoir, Henri Matisse, Franz Marc, Max Beckmann, Pablo Picasso et Paul Klee.

Le château de Prangins, construit en 1730 par le banquier Louis Guiguer sur l'emplacement d'un vieux château du moyen-âge, est une luxueuse demeure obéissant à une stricte symétrie très classique. Il a été la résidence de l'ex-roi d'Espagne Joseph Bonaparte, après la chute de Napoléon, et celle du dernier empereur d'Autriche, Charles de Habsbourg, après son abdication en 1918. Il abrite de nos jours le Musée National Suisse consacré aux XVIIIème et XIXème siècles. Les salles d'apparat présentent la société du Siècle des Lumières, celles du premier étage montrent comment la Suisse a basculé de l'Ancien Régime à un État fédéral moderne, comment le pays agricole est devenu une nation urbanisée et industrielle, tandis que les combles rappellent que ce pays, avant d'être une terre d'immigration, a été une terre d'émigration.
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Jeudi 29 avril 2010
GRENOBLE : AUTOMATES DE VAUCANSON ET CHEFS-D'OEUVRE IMPRESSIONNISTES

Le Musée de Grenoble invite à Lire l'Impressionnisme à travers une exposition exceptionnelle présentant six chefs-d'œuvre dont ont bien voulu se dessaisir pour l'occasion la Fondation Calouste Gulbenkian de Lisbonne et le musée Thyssen-Bornemisza de Madrid : le Portrait d'Henri Michel-Lévy d'Edgar Degas (1878), L'enfant aux cerises d'Edouard Manet (1859), La débâcle de Claude Monet (1880), La route de Versailles à Louveciennes, soleil d'hiver et neige de Camille Pissaro (1870), Femme à l'ombrelle dans un jardin d'Auguste Renoir (1874) et Les déchargeurs de Vincent Van Gogh (1888).

Pour sa part, le Musée Dauphinois propose une exposition consacrée à Jacques Vaucanson (1709-1782), inventeur de célèbres automates et du métier à tisser mécanique. C'est l'occasion de mettre en évidence les répercussions de ces inventions géniales. En créant ses machines, ce fils d'un gantier grenoblois a fait entrer l'humanité dans l'ère de l'automatisation, ouvrant les portes à la robotique et à la bionique. Les expositions permanentes du musée permettent, en outre, de découvrir les modes de vie traditionnels de la montagne alpine et la grande histoire du ski depuis la préhistoire jusqu'aux tendances les plus actuelles de la glisse. Enfin, ce musée est installé dans l'ancien monastère de la Visitation de Sainte-Marie d'en-Haut, fondé en 1619 par sainte Jeanne de Chantal. Le climat de sérénité du cloître et des jardins, le cadre somptueux de la chapelle baroque sont autant d'incitations à évoquer le quatrième centenaire de cet ordre de religieuses institué à Annecy en 1610.
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Mercredi 5 mai 2010
BAUME-LES-MESSIEURS ET CHÂTEAU-CHALON

Entouré par d'impressionnantes falaises de calcaire blanc, le site de Baume-les-Messieurs constitue le type même de la reculée jurassienne. Une modeste dépendance de l'abbaye de Château-Chalon y a donné naissance, sur la fin du IXème siècle, à un monastère rattaché à l'abbaye de Gigny. C'est avec des moines de Gigny et de Baume que saint Bernon a fondé Cluny en 910. La grande abbaye bourguignonne ne tarda pas à mettre la main sur les deux maisons dont elle était issue, mais Baume ne cessa, tout au long de son histoire, d'essayer de se soustraire à l'autorité de Cluny. A la fin du XVIIème siècle, Baume eut pour abbé commendataire Jean de Watteville qui fut militaire, puis chartreux, se convertit à l'islam et devint pacha dans l'empire ottoman, avant de venir finir ses jours à l'abbaye. Lorsque le monastère a été sécularisé en 1759, Baume-les-Moines a pris le nom de Baume-les-Messieurs.

Le splendide vaisseau roman de l'église abbatiale a été couvert d'une voûte sur croisées d'ogives au XIVème siècle, prolongé par une abside gothique, puis fermé par une nouvelle façade au XVème siècle. On y voit le beau tombeau de l'abbé Aimé de Chalon, mort en 1432, d'admirables statues attribuées à Claus de Werve, et un magnifique retable flamand donné vers 1530 par la ville de Gand à l'abbé Guillaume de Poupet. Ses sculptures minutieuses et les peintures de ses volets illustrent la vie du Christ.

Au sommet d'un escarpement très pittoresque, surplombant les vignobles produisant le célèbre vin jaune, offrant une vue très dégagée sur la plaine de la Bresse et sur le Revermont, Château-Chalon a été fortifié dès l'époque gallo-romaine, avant de devenir le siège d'une importante abbaye de moniales bénédictines. Dans la seconde moitié du XVIIème siècle, la charge d'abbesse fut réservée à la famille de Watteville, puis les moniales devinrent des chanoinesses lorsque l'abbaye fut sécularisée, avant de disparaître avec la Révolution française.

Si l'église abbatiale a été détruite, l'église paroissiale subsiste toujours. C'est un édifice roman du milieu du XIIème siècle dont les bas-côtés sont couverts de voûtes d'arêtes, tandis que la nef donne un exemple très archaïque de croisées d'ogives. Le chœur, bordé d'arcatures romanes, a reçu une voûte à liernes et tiercerons de la fin du gothique flamboyant. L'abside a été refaite au XVIIIème siècle.

Le village, où il fait bon flâner, est caractérisé par les maisons très fleuries des vignerons, parfois agrémentées d'un perron sous lequel une grande ouverture en plein cintre donne accès à la cave.
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Jeudi 27 mai 2010
LES ICÔNES DE LA GALERIE TRÉTIAKOV A MARTIGNY ET L'ÉGLISE RUSSE DE VEVEY

La collection d'icônes de la Galerie Trétiakov à Moscou est considérée comme l'une des plus belles au monde et constitue une véritable fierté nationale en Russie. Pas moins de 64 d'entre elles sont présentées à la Fondation Gianadda : autant de fenêtres ouvertes sur l'éternité pour donner à contempler les réalités spirituelles de l'Ancien et du Nouveau Testaments. On admirera particulièrement les œuvres d'André Roublev, moine du XVème siècle dont les icônes ont été considérées, en 1551, comme une référence absolue par le Concile des Cent Chapitres. Véritable créateur de la peinture russe en lui donnant son identité propre par rapport à la peinture byzantine, cet artiste, dont l'icône de la Trinité est mondialement connue, a été canonisé en 1988 par l'Église orthodoxe russe.

En introduction à cette exposition, visite de Sainte-Barbara de Vevey, église édifiée en 1878 par le comte Schouvaloff à la mémoire de sa fille, la comtesse Barbara Orfoff, décédée à Vevey. La coupole est coiffée d'un bulbe doré et la base du tambour est constituée de « kokochniki », petits gâbles arrondis typiques de l'architecture russe. A l'intérieur, les murs et les voûtes sont recouverts de peintures murales. Les saintes images qui garnissent l'iconostase, d'une facture très occidentalisée, trahissent le déclin de la peinture d'icônes au XIXème siècle.
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Jeudi 10 juin 2010
JARDINS EN SAVOIE : SAINT-MARCEL, VAULX ET LE BOURGET

Perché sur une butte de molasse, le château de Saint-Marcel domine le cœur de l'Albanais. Cette grande demeure du XVIIème siècle renferme un rare décor peint réalisé en hommage à la duchesse de Savoie Christine de France. Autour d'un bassin de pierre sa cour, entourée de différents bâtiments agricoles magnifiquement restaurés, constitue un cadre des plus pittoresques. Saint-Marcel possède un jardin d'agrément et un jardin potager, ainsi qu'un parc réalisé en 1895 sur un projet de l'architecte Luizet. Depuis 2003 il s'est enrichi d'un étonnant jardin d'inspiration chinoise, le jardin de la Montagne du Dragon dormant. Le prieuré bénédictin du Bourget a été fondé par Cluny au XIème siècle. De cette époque subsiste la crypte romane édifiée sur l'emplacement d'un temple dédié à Mercure. L'église elle-même, rebâtie dans le style gothique du XIIIème siècle, renferme un ensemble exceptionnel de sculptures polychromes en pierre provenant de l'ancien jubé. En 1912 le prieuré fut acheté par la duchesse de Choiseul-Praslin qui fit aménager un élégant jardin à la française, développant autour d'une perspective axiale des parterres réguliers avec broderies de buis, des tonnelles ornées de rosiers grimpants et des ifs taillés en topiaires.

Quant aux Jardins secrets de Vaulx, ils juxtaposent de multiples petits jardins très différents les uns des autres. Les fleurs et l'eau omniprésente animent une architecture originale où le bois est roi, tour à tour découpé, peint ou sculpté. C'est un foisonnement de galeries, patios, pergolas, tourelles et fontaines dans une exubérance joyeuse où se mêlent l'Orient et l'Occident. La visite se prolonge à l'intérieur d'une vieille demeure savoyarde dont l'atmosphère est égayée par de jolis meubles peints.
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Mardi 29 juin 2010
ROMONT, CITÉ SAVOYARDE ET CAPITALE SUISSE DU VITRAIL

Établie sur un mont rond, d'où son nom, cette charmante cité dominant la vallée de la Glâne doit beaucoup à Pierre de Savoie qui fit bâtir le château, la collégiale, les remparts et les tours dans les années 1240.

Depuis 1981, ce château abrite le Musée Suisse du Vitrail et des Arts du Verre qui vient de faire l'objet d'une rénovation complète et d'une extension incluant l'aile fribourgeoise. On y voit des vitraux s'échelonnant du XIIème siècle à nos jours, de nombreux vitraux de cabinet, spécialité suisse du XVIème au XVIIIème siècles, une magnifique Sainte Cécile Art Nouveau sortie des ateliers de Tifanny à New-York et de très beaux Cygnes au Lac d'Annecy d'Albert Besnard, des cartons de vitraux de Manessier, une collection peu ordinaire de peinture sous verre et la présentation de toutes les techniques explorées par les maître verriers d'aujourd'hui.
La collégiale Notre-Dame, fondée par Pierre de Savoie en 1244, remaniée au XVème siècle, possède de cette dernière période des stalles remarquables et une grille qui est un chef-d'œuvre de ferronnerie. On y voit aussi un ensemble exceptionnel de vitraux. La plus ancienne verrière, aux armes des Menthon, remonte au XIVème siècle. Celles du XVème ont été offertes par la duchesse de Savoie Yolande de France et celle du chevet est un exemple de la vitrerie peinte du XIXème. La renaissance de l'art du vitrail commence à frémir dans la grande verrière de style Art Nouveau réalisé par Broillet en 1917. Elle éclate avec les œuvres créées en 1938 par Cingria pour s'affirmer ensuite avec les vitraux de Yoki, datant de 1968, et ceux de l'Argentin Sergio de Castro, posés en 1981.

Au pied de Romont, l'abbaye cistercienne de La Fille-Dieu est un monastère de moniales fondé en 1268. Son église, magnifiquement restaurée dans les années 1990, a reçu un ensemble complet de vitraux conçus par le Britannique Brian Clarck, inaugurés en 1996. L'artiste choisi par les religieuses a réinterprété le vitrail cistercien traditionnel en travaillant avec des motifs libres, vivement colorés, brochant sur une trame régulière de carrés.
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Jeudi 22 juillet 2010
LE CHÂTEAU DE FAUCIGNY, LES PRIEURÉS DE CONTAMINE ET DE PEILLONNEX

Exerçant sa souveraineté des abords du Chablais à la vallée de l'Arve, la maison de Faucigny est une lignée immémoriale apparue avec la naissance de la féodalité. Elle portait le nom du château fort dont elle était originaire, véritable nid d'aigle, occupant une position stratégique de tout premier plan, offrant une vue extraordinaire sur la vallée de l'Arve, depuis le débouché de la vallée du Borne jusqu'à Genève. Passé au Dauphiné à l'extinction de sa dynastie, il revint à la France lorsque le dernier Dauphin vendit ses États au roi. Mais en 1355, par le traité de Paris, le comte Vert Amédée VI s'en rendit maître. Devenu savoyard, le château ne présentait plus d'intérêt militaire et fut peu à peu abandonné. Ses ruines, qui viennent d'être remises en valeur, constituent désormais un site particulièrement attrayant.

Fondé à la fin du XIème siècle en faveur des moines de Cluny, le prieuré de Contamine a été pendant deux siècles la nécropole des sires de Faucigny. En 1295, Béatrice, dame de Faucigny et dauphine du Viennois, en fit rebâtir l'église par des maçons issus de l'atelier de maître Jacques de Saint-Georges. Il en est résulté une architecture gothique aux fenêtres étonnantes, rappelant le style développé par le grand architecte savoyard dans les châteaux qu'il construisit au Pays de Galles pour le roi d'Angleterre. La grande verrière du chevet a malheureusement été obturée lorsque fut mis en place un important retable, l'un des tout premiers que l'art baroque ait produits en Savoie, dû aux barnabites qui remplacèrent alors les bénédictins. La chaire, très sobre, lui est contemporaine.

Peillonnex, enclave appartenant aux comtes de Genève dans les territoires des sires de Faucigny, a accueilli avant même la fin du Xème siècle une communauté canoniale. En 1156, le comte Amédée Ier de Genève la soumit à l'abbaye d'Abondance qui venait d'adopter la règle de saint Augustin compilée par le bienheureux Pons de Faucigny. Cette intégration à la grande famille des chanoines augustins fut marquée par la reconstruction de l'église dans un art roman d'une grande sobriété qui reflète l'influence cistercienne. Dès lors et jusqu'à la Révolution, Peillonnex fut un prieuré de chanoines augustins dépendant d'Abondance. Au début du XVIIIème siècle la communauté, qui avait connu le déclin, fit preuve d'un vigoureux renouveau sous l'impulsion du chanoine Claude-François Bastian. Ce retour à une vie religieuse fervente a été concrétisé dans l'abside de l'église par la création d'un important décor baroque intégrant les fenêtres et très inhabituel en Savoie du nord par sa réalisation en stuc et non en bois. Un spectacle son et lumière donnant la parole à Claude-François Bastian permet de comprendre la signification profonde de ce décor.
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Jeudi 29 juillet 2010
L'ART BAROQUE EN CHABLAIS

L'église de Veigy-Foncenex a été construite en 1715 par des maçons du Val Sesia. Son maître-autel, qui s'élance vers le haut avec fougue et élégance, est déjà marqué par les grâces du rococo. Il est encadré par saint Georges, patron du village, et par saint Maurice, patron de la Savoie.

À Thonon, l'ancien couvent des minimes, aujourd'hui tribunal, a été édifié à partir de 1649 par un architecte venu du Tessin pour une communauté de minimes, des franciscains réformés au XVème siècle par saint François de Paule et établis à Thonon par le marquis Albert-Eugène de Genève-Lullin. Les encadrements des portes et des fenêtres font l'originalité de cet édifice à l'architecture particulièrement soignée. Quant à l'église Saint-Hippolyte, elle remonte à un ancien prieuré bénédictin dont subsiste la crypte romane. Rebâtie en style gothique au XVème siècle, elle fut attribuée par saint François de Sales aux barnabites. En 1699 ces religieux commandèrent à des artistes tessinois un riche décor dont les peintures de qualité sont insérées dans des stucs d'une grande finesse. Une tribune d'orgue et une chaire provenant de l'ancienne église de la Visitation complètent l'ameublement baroque.

La nef de l'église de Saint-Paul en Chablais est celle de l'ancienne église gothique d'un prieuré bénédictin. Si les autels latéraux sont représentatifs du style néo-classique de la Restauration sarde, le maître-autel intègre de multiples réminiscences de l'art baroque.

L'église de Montriond, paroisse créée en 1717, possède le plus original des clochers savoyards, le bulbe traditionnel étant ici remplacé par une monumentale couronne royale, soulevée au-dessus de la lanterne par des volutes. Le retable du maître-autel met en scène de façon théâtrale les statues placées dans des niches garnies de rideaux, et l'importance du tabernacle n'exclut pas une grande élégance.

Édifiée au tout début du XIXème siècle, l'église de Morzine présente un clocher à bulbe du siècle précédent. L'architecture de l'église est encore imprégnée des principes de l'art baroque, mais son décor relève du goût néo-classique de la restauration sarde.

Enfin, l'église de La Rivière-Enverse, paroisse instituée en 1759, a l'originalité de présenter un plan tréflé et des voûtes surbaissées. Un puissant Christ en croix est suspendu sous l'arc triomphal et un imposant tabernacle prend place sur le maître-autel qui a malheureusement perdu le tableau central de son retable.
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Jeudi 2 septembre 2010
NICOLAS DE STAËL À LA FONDATION GIANADDA DE MARTIGNY

Le 16 mars 1955, à 41 ans, alors que le succès est enfin venu, Nicolas de Staël se suicide en se jetant par la fenêtre de son atelier aménagé dans le fort d'Antibes. Dans cet atelier reste une toile inachevée, Le Grand Concert, où flamboie le rouge qui marque tant de ses œuvres et qui est celui du drapeau rouge flottant dans le ciel de Saint-Pétersbourg lorsqu'il a du fuir avec ses parents la Révolution russe. Fils du vice-gouverneur de la forteresse Pierre et Paul, le baron Nicolas de Staël Holstein est né dans la capitale des tsars en 1914. Il descend d'une lignée d'aristocrates baltes dont l'un avait épousé Germaine Necker, fille du financier et ministre de Louis XVI, devenue ainsi la célèbre Mme de Staël. Exilé en Pologne où meurent ses parents, il a 8 ans lorsqu'on l'envoie à Bruxelles. Là, ce garçon fier et déterminé décide de se consacrer à la peinture.

En 1938 sa rencontre au Maroc avec Jeannine Guillou, peintre elle aussi et qui devient sa compagne, est déterminante sur le long chemin de sa maturité picturale. Survient la guerre. Ils sont pauvres, ils ont faim, ils brûlent les boiseries de leur logement parisien pour se chauffer et Nicolas est vêtu d'un pantalon taillé dans une vieille couverture. Mais les deux amants, animés d'une égale passion, peignent sans relâche. Jour et nuit. A partir de 1942, Nicolas de Staël rompt avec la peinture classique figurative, pour une abstraction radicale. Son travail est reconnu et salué une première fois en 1944 lorsqu'il expose aux côtés du maître russe de l'abstraction, Vassili Kandinsky. Pendant dix ans il va travailler une pâte sur-nourrie d'huile, l'alourdissant ou l'allégeant à l'aide de couteaux, truelles ou même taloches à mortier. Ces épaisseurs et ces opalescences se trouvent parfois réunies comme éléments de la composition dans une même toile.

En février 1946, Nicolas a la douleur de perdre Jeannine, l'amour de sa vie, victime des privations endurées. Il plonge dans un profond abattement alors même que sa peinture connaît le succès en France, en Angleterre et aux États-Unis. Il revient peu à peu à la fluidité du pinceau, à la dilution de l'huile étalée au coton ou à la gaze, et la matière de ses toiles, d'accidentée et rugueuse, se fait de plus en plus légère, impalpable, tout en retrouvant la figuration sans pour autant renier l'abstraction. Enfermé dans son angoisse, il s'isole à Antibes en septembre 1954 et y met fin à ses jours six mois plus tard, laissant derrière lui une production de plus de 1000 toiles.

À l'aller, le trajet de Chamonix à Martigny se fera par le train, un parcours que la beauté grandiose des paysages rend inoubliable. Massif du mont Blanc, aiguilles de Chamonix, aiguille Verte et les Drus d'un côté, massif des aiguilles Rouges de l'autre. Puis, après la traversée du tunnel sous le col des Montets, le train gagne Vallorcine et le Châtelard parmi les mélèzes. Ensuite, par un itinéraire très spectaculaire, il emprunte, à des hauteurs vertigineuses, la rive gauche de la vallée du Trient par Finhaut, les Marécottes et Salvan, pour aborder enfin la forte descente par laquelle il rejoint la vallée du Rhône et Martigny.
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