Voyages en France
Du jeudi 21 au samedi 23 avril 2011
LA SEMAINE SAINTE À L'ABBAYE DE TAMIÉ LE BERNIN ET LE CARAVAGE AUX SOURCES DE L'ART BAROQUE
Ces trois jours à l'abbaye de Tamié offrent l'occasion exceptionnelle de vivre les solennités de la Semaine Sainte avec une communauté de moines cisterciens renommés pour la beauté de leurs chants. L'espace liturgique a été entièrement revisité par Arcabas, créateur de l'ambon, de l'autel, de la croix, du tabernacle et des flambeaux. Jeudi Saint, la célébration de la Cène, institution de l'Eucharistie, est précédée du lavement des pieds et suivie de la procession au reposoir pour l'adoration du Saint Sacrement. Vendredi Saint, la longue méditation de la Passion, marquée par la grande prosternation, se continue par les multiples supplications de la solennelle prière universelle, avant la procession de la vénération de la croix. Samedi Saint la veillée pascale suivie de la messe de la Résurrection constitue le sommet de toute la liturgie dans la succession de ses différents rites. La célébration du feu nouveau illumine le cierge pascal qui transmet ensuite sa flamme aux cierges des fidèles. Ainsi se répand la lumière dans l'église plongée jusqu'alors dans l'obscurité. Le magnifique chant de l'Exultet annonce la Résurrection. Les nombreuses lectures bibliques sont méditées à la lueur des cierges et se concluent par le chant du Gloria qu'accompagne le son des cloches. Puis la litanie des saints introduit le rite de l'eau au cours duquel se succèdent la bénédiction de l'eau, le renouvellement des promesses du Baptême, et l'aspersion des fidèles. Vient alors la procession de l'offertoire qui ouvre la célébration eucharistique.
Avant les offices du Jeudi Saint et du Vendredi Saint, les conférences de Christian Regat feront revivre deux artistes de génie dont les œuvres sont aux sources même de l'art baroque. Dans les domaines les plus variés de la créativité, le Bernin est, pour ainsi dire, l'incarnation du XVIIe siècle romain. Car c'est à Rome, avec ce metteur en scène incomparable du renouveau de l'Église catholique au lendemain du concile de Trente, que naît, croît et s'impose l'art baroque. Du solennel baldaquin de Saint-Pierre, au volume parfait de Saint-André du Quirinal ; des sculptures virtuoses de la Villa Borghese, à la troublante Transverbération de sainte Thérèse ; de la grandiose place Saint-Pierre, à la charmante place Navone, partout il a posé le sceau indélébile de l'esprit baroque sur la Ville Éternelle. Pour sa part, Le Caravage, écartelé entre une vie de débauche et une foi profonde, a consacré l'essentiel de sa peinture à scruter le message biblique. En le transposant dans la populace des bas fonds de Rome, il dit sa foi en un Dieu fait homme pour sauver les êtres perdus, les marginaux de son espèce. Le réalisme trivial de sa peinture va de paire avec le clair-obscur. Dans cet affrontement violent de la lumière et des ténèbres, la clarté divine fait exister l'homme en le tirant de la nuit profonde de sa détresse. Une vie tumultueuse et une expérience de foi qui ont conduit ce génie fulgurant à ouvrir un nouveau chapitre dans l'histoire de la peinture occidentale.
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Du mardi 26 au vendredi 29 avril 2011
MARSEILLE, LA PLUS ANCIENNE VILLE DE FRANCE
Marseille, colonie grecque fondée vers 600 avant Jésus-Christ, est la plus ancienne ville de France. Le Lakydon, la crique où s'établirent les Phocéens, est aujourd'hui le Vieux Port, près duquel le Jardin des Vestiges permet de voir les quais et le rempart de la ville grecque. Une maquette en est présentée au musée d'Histoire de Marseille où une épave grecque, des épaves romaines et une reconstitution de bateau font revivre le port antique, amorçant un parcours dans l'histoire de la ville jusqu'au XVIIe siècle. Pour sa part, le musée des Docks met en valeur les entrepôts du port romain, avec leurs énormes récipients de stockage.
De l'autre côté du Vieux Port, d'imposantes tours crénelées des XIe et XIVe siècles protègent l'ancienne abbaye Saint-Victor, là où, en 416, saint Jean Cassien implanta la vie monastique et construisit une église sur la tombe du martyr Victor. Ce sanctuaire du Ve siècle existe toujours, abritant de nombreux sarcophages paléochrétiens. Il est surmonté d'une église du XIIIe siècle, agrandie au siècle suivant par le pape Urbain V, ancien abbé de Saint-Victor. Si l'ancienne cathédrale de la Major est un édifice roman du milieu du XIe siècle, l'imposante cathédrale que Napoléon III lui adjoignit en 1852 est néo-romano-byzantine. Le même style a été choisi par l'architecte Espérandieu pour édifier le plus connu des monuments de la ville, la basilique Notre-Dame de la Garde, aux murs tapissés d'ex-voto. Son parvis constitue un extraordinaire belvédère sur la ville.
Le quartier du Panier est le coin le plus pittoresque du vieux Marseille. On y grimpe par la montée des Accoules, où se dresse le beau clocher du même nom. Au cœur du Panier, la Vieille Charité est un ancien hospice conçu en 1671 par Pierre Puget. La cour, entourée par trois niveaux de galeries, s'ordonne autour d'une originale chapelle baroque ennoblie d'une solennelle façade néo-classique. Au point culminant du quartier, la place des Moulins a le charme d'une place de village. L'Hôtel-Dieu édifié au XVIIIe siècle, agrémenté lui aussi de galeries à arcades, accueille désormais les lecteurs de la Grande Bibliothèque. Sur le parvis de Saint-Laurent, l'église des gens de mer, on découvre une vue magnifique sur Notre-Dame de la Garde, par delà le Vieux Port. En redescendant vers celui-ci, on rencontre la Maison Diamantée, superbe demeure de la Renaissance qui abrite le musée du Vieux Marseille. On y voit une maquette de la ville en 1848, des collections de crèches et de santons, et des cartes à jouer dont Marseille était un important centre de production. Sur le quai, l'Hôtel de Ville est un bon exemple d'architecture baroque provençale.
En remontant la célèbre Canebière, on atteint le palais Longchamp, inauguré en 1869 pour célébrer l'arrivée des eaux de la Durance canalisées jusqu'à Marseille. Au centre d'une colonnade en fer à cheval, un pavillon recouvre le château d'eau. Une cascade en dévale depuis une monumentale statue de la Durance. Deux ailes se greffent sur la colonnade. L'une d'elles sert de cadre au musée des Beaux-Arts, malheureusement fermé jusqu'en 2013 pour restructuration. À côté du palais Longchamp, le musée Grobet-Labadié est une demeure d'une grande opulence, témoignant par ses précieuses collections et son ameublement de l'art de vivre dans la grande bourgeoisie à la fin du XIXe siècle. Un hôtel particulier du XVIIe, qui fut la résidence du comte de Grignan, gouverneur de Provence et gendre de Mme de Sévigné, accueille le musée Cantini dévolu à l'art moderne. Ses importantes collections couvrent le XXe siècle depuis son début jusqu'aux années 1960 (Matisse, Derain, Dufy, Dubuffet, Kandinsky, Chagall, Picasso). À la périphérie de la ville on découvre les anciennes résidences champêtres des riches négociants : dans son grand parc, le château Borély est une élégante demeure édifiée dans les années 1770, tandis que le château Pastré, prestigieuse bastide du XIXe siècle, est dédié au musée de la Faïence.
La Porte d'Aix est un arc de triomphe solennel érigé sous Louis XVIII en 1823. Le Second Empire a créé les Docks de la Joliette, aujourd'hui réhabilités, qui furent en leur temps les plus grand d'Europe. La Cité Radieuse, unité d'habitation édifiée en 1947 par Le Corbusier et surnommée par les Marseillais la « Maison du Fada », constitue un très intéressant but de visite, tout comme l'Hôtel du Département, gigantesque structure bleue datant de 1994, due à l'architecte britannique William Alsop.
Les puissantes fortifications de l'abbaye Saint-Victor ont été supplantées au XVIIe siècle par les forts Saint-Jean et Saint-Nicolas que fit construire Louis XIV pour verrouiller efficacement l'entrée du Vieux Port, mais surtout pour contrôler la turbulence des Marseillais. Auparavant, François Ier avait implanté au large un avant-poste contrôlant l'accès par la mer. C'est le château d'If, devenu plus tard prison d'État et immortalisé en littérature par Alexandre Dumas. Une excursion en bateau au château d'If complète agréablement cette découverte de Marseille, avec une promenade sur la Corniche que bordent d'élégantes villas du XIXe siècle, comme la Villa Valmer, sans oublier le pittoresque vallon des Auffes, minuscule port de pêche composant un véritable décor d'opérette.
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Du dimanche 12 au jeudi 16 juin 2011
LES ÉGLISES ROMANES D'AUVERGNE
L'Auvergne compte quelque 250 églises romanes ! À Clermont-Ferrand, le joyau du patrimoine est Notre-Dame-du-Port, église de pèlerinage édifiée au XIIe siècle en arkose, pierre blonde qui contraste avec la lave noire des autres monuments de la cité. C'est l'une des rares églises romanes d'Auvergne qui possède un portail avec un linteau et un tympan imagés. À l'intérieur, les chapiteaux historiés du déambulatoire, sculptés vers 1150 par maître Robert, sont caractérisés par une profusion de personnages. La cathédrale Notre-Dame dresse au-dessus de la Clermont ses élégantes flèches noires dues à Viollet-Leduc qui acheva l'édifice en 1865. Sur une crypte du Xe siècle, la cathédrale gothique avait été construite aux XIIIe et XIVe siècles, puis le chantier s'était arrêté jusqu'au XIXe. Elle possède de remarquables vitraux dont certains, donnés par saint Louis, sont comparables à ceux de la Sainte-Chapelle. En 1515, l'évêque Jacques d'Amboise fit construire la charmante fontaine d'Amboise où le raffinement de la Renaissance italienne s'affirme dans la pierre de Volvic. Sur la place de Jaude, centre toujours très animé de la ville, la statue de Vercingétorix est une œuvre de Bartholdi.
Banlieue résidentielle de Clermont, Royat était déjà une cité thermale dans l'Antiquité. Quelques vestiges des bains romains subsistent dans le parc thermal où la source Eugénie est exploitée dans les thermes inaugurés en 1862 par l'impératrice. L'église Saint-Léger, austère édifice roman, a été fortifiée au XIIIe siècle par un couronnement de mâchicoulis et de créneaux. À Chamalières, la grotte du Chien est une curiosité géologique : une émission de gaz carbonique, à l'extrémité d'une coulée de basalte venue du petit Puy de Dôme, indique-t-elle que les volcans d'Auvergne ne seraient peut-être pas tout à fait éteints ? L'église Notre-Dame est romane, mais conserve deux chapiteaux carolingiens provenant d'une église antérieure. La grande peinture murale du moulin de la Saigne rappelle le rôle joué jadis par les eaux de la Tiretaine dans l'économie locale.
Dans le cadre champêtre de la haute vallée de la Sioule, Orcival est un lieu de pèlerinage remontant peut-être au VIe siècle. Dès le XIe ce fut une dépendance de l'abbaye de la Chaise-Dieu. Sa basilique a été bâtie au siècle suivant par les moines. L'étagement du chevet est admirable. La porte, au-dessus de laquelle sont suspendus des fers de galériens, a conservé ses magnifiques pentures d'origine. À l'intérieur, les chapiteaux ne sont pas historiés, mais sculptés de simples motifs décoratifs. En 1242 l'église devint une collégiale de 25 chanoines pour gérer l'affluence des pèlerins venus vénérer la statue romane de la Vierge, œuvre de bois recouverte d'argent et de vermeil. Les pitons volcaniques de la Roche Sanadoire et de la Roche Tuilière, puis le lac de Guéry annoncent l'arrivée à la station du Mont-Dore, là où la Dordogne commence son cours, au pied du Puy de Sancy. À Chambon, le cimetière réserve la surprise d'une chapelle funéraire romane, singulière par son architecture et son décor de pierres polychromes. Le lac Chambon a été créé par le surgissement du cône d'un volcan, le Tartaret, à l'ombre duquel on voit l'imposant château de Murol occuper une position défensive des plus efficaces.
Célèbre par son fromage à pâte tendre et moelleuse, Saint-Nectaire dresse sur la butte du mont Cornadore sa non moins célèbre église romane édifiée au XIIe siècle par les moines de la Chaise-Dieu. Ce pur chef-d'œuvre montre à son chevet une superbe frise d'étoiles dans des cercles. À l'intérieur, le narthex est surmonté d'une tribune correspondant à celles qui courent au-dessus des bas-côtés. Les chapiteaux de la nef sont ornés de simples feuilles d'eau, mais ceux des colonnes du déambulatoire sont historiés avec la même profusion de personnages qu'à Notre-Dame-du-Port, car ils sont dus au même sculpteur. Une Vierge en Majesté en bois polychrome, le buste reliquaire de saint Baudime en cuivre doré et une plaque en émaux champlevés sont des créations du XIIe siècle qui font la gloire du trésor où l'on voit aussi un bras reliquaire de saint Nectaire, en argent, du XVe siècle. Dans le village, les fontaines pétrifiantes s'égouttent lentement sur 14 m de chute, mettant de longs mois à remplir de leurs concrétions les moulages en creux qui permettent de réaliser de minutieux bas-reliefs couleur ivoire.
Le plateau de Gergovie, belvédère sur Clermont-Ferrand et la Limagne, surplombe l'ancien marais de Sarlièvre transformé en polder par des Hollandais au XVIIe siècle. C'est un site mythique de l'histoire de France où Napoléon III a fait dresser une statue équestre de Vercingétorix. À Saint-Saturnin, classé parmi les plus beaux villages de France, le château date des XIIIe et XIVe siècles tandis que l'église est la plus petite, mais peut-être la plus belle, des « grandes » églises romanes d'Auvergne. C'était celle d'un prieuré fondé en 1040 par les moines clunisiens de Souvigny. On y voit une émouvante Pietà en calcaire polychrome du XVe siècle et des statues en bois doré du XVIIIe. Dans un site sauvage adapté à devenir un « désert » monastique, des moines bénédictins ont fondé en 1971 la grande abbaye de Randol dominant les gorges de la Monne. Son église se compose du chœur des moines, conçu comme une tour ovale, et de la nef rectangulaire réservée aux fidèles.
Issoire possède les reliques de saint Austremoine, missionnaire que saint Denis avait envoyé avec saint Nectaire évangéliser l'Auvergne. Des moines, venus de Charroux en Poitou, fondèrent une abbaye sur son tombeau. Reconstruite au XIIe siècle, son église Saint-Austremoine est un édifice roman de vastes proportions. Cordons de billettes, colonnes engagées, modillons à copeaux, corniches sculptées en damier font la richesse du décor de son harmonieux chevet. À l'intérieur, la polychromie médiévale a été restituée en 1859, mais le très beau Jugement dernier qui décore l'une des chapelles est une authentique peinture du XVIe siècle. De l'abbaye de Manglieu, fondée au VIIe siècle par l'évêque de Clermont saint Genès, ne subsiste guère que l'église qui a conservé le chevet mérovingien des origines. Le narthex est surmonté d'une tribune comme à Saint-Nectaire. La petite ville de Billom exerce une fascination particulière par ses ruelles pavées bordées de pittoresques maisons. Son église Saint-Cerneuf, dont la façade et les voûtes illustrent le plus pur gothique, conserve une crypte romane du XIe siècle et une abside du XIIe, fermée par une superbe ferronnerie de la même époque.
Le petit village de Saint-Gervazy, gardé par un château doté de trois tours rondes, possède une église gothique du XVe siècle où ont été réutilisés des chapiteaux et des colonnes d'époque romane. Elle renferme une Vierge Noire qui est l'une des plus belles Vierges en Majesté que l'art roman ait produit en Auvergne. Le martyre de saint Julien à Brioude, au début du IVe siècle, fit de cette ville le deuxième pèlerinage de la Gaule après Saint-Martin de Tours. Dès le Ve siècle, une grande basilique abrita le tombeau vénéré. Les chanoines-comtes de Brioude l'ont remplacée aux XIe et XIIe siècles par l'actuelle basilique Saint-Julien, la plus grande église romane d'Auvergne. Le sol a toujours son pavage de galets et les murs sont ornés de nombreuses peintures, dont la superbe fresque du Jugement dernier dans la chapelle Saint-Michel. On y compte plus de 300 chapiteaux sculptés avec la plus grande diversité. Depuis 2007, cette vénérable église resplendit des magnifiques vitraux créés par le père Kim En Joong, dominicain coréen d'un grand talent, auteur aussi des vitraux de la cathédrale d'Évry.
Dans la vallée de la Senouire, affluent de l'Allier, les prairies et les bois du Brivadois abritent le vieux village de Lavaudieu, né auprès de l'abbaye de moniales bénédictines instituée en 1057 par saint Robert de Turlande, le fondateur de la Chaise-Dieu. L'église abbatiale des XIe et XIIe siècles possède des peintures murales d'école italienne du XIVe. Le petit cloître roman donne accès au réfectoire où subsiste une peinture murale du XIIe siècle d'influence byzantine. C'est sur un plateau désertique, à plus de 1000 m d'altitude, que saint Robert de Turlande a établi en 1043 l'abbaye de la Chaise-Dieu, occupée de nos jours par les frères de Saint-Jean et cadre d'un célèbre festival institué par le pianiste Georges Cziffra. Il ne reste rien des constructions du XIe siècle, car en 1344 le pape Clément VI, ancien moine de la Chaise-Dieu, leur a substitué une grande église de style gothique languedocien. Un jubé isole le chœur où les 144 stalles des bénédictins entourent le tombeau de Clément VI. Au-dessus des stalles, 10 tapisseries des Flandres, du début du XVIe siècle, développent l'histoire du Christ, de l'Annonciation au Jugement dernier. Une Danse macabre du XVe siècle orne le bas-côté nord. Le monastère est dominé par la tour Clémentine, véritable donjon, mais seules se sont conservées deux galeries du cloître gothique.
Au cœur du Velay, le Puy occupe un site caractérisé par les pitons volcaniques de l'Aiguilhe et du rocher Corneille. Point de départ d'un important chemin pour Saint-Jacques de Compostelle, sa cathédrale est, avec la basilique Sainte-Marie-Majeure à Rome, le plus ancien sanctuaire à la Vierge de toute la chrétienté. Mais elle a été reconstruite aux XIe et XIIe siècles, dressant sa majestueuse façade romane au sommet d'un grand escalier qui pénètre sous l'église, où il entre par des portes ornées d'inscriptions en arabe. Une succession de six coupoles couvre la nef. La statue originale de la Vierge Noire a été brûlée par les révolutionnaires en 1794. Le magnifique mobilier liturgique contemporain est l'œuvre de l'artiste du Puy Philippe Kaeppelin. Le cloître roman de la cathédrale, aux chapiteaux richement sculptés, possède une splendide grille en fer forgé d'inspiration mauresque. À côté se trouvent le très beau clocher, isolé de l'église, et le baptistère datant du XIe siècle. Sur son piton acéré, Saint-Michel d'Aiguilhe a été fondé en 962. Sa façade, refaite à la fin du XIIe siècle, est une étonnante synthèse de l'art roman et de l'art islamique. À ses pieds, la chapelle Saint-Clair, est un autre joyau de l'art roman. Dans la plaine, Saint-Laurent était l'église des dominicains. Cette église gothique abrite le tombeau de Bertrand du Guesclin. Enfin, dominant toute la ville depuis le rocher Corneille, la statue monumentale de Notre-Dame de France a été réalisée avec le métal de 213 canons pris aux Russes lors de la bataille de Sébastopol en 1855.
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